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Les psychanalystes, s'ils se sont « appliqués » à explorer de bien nombreux phénomènes et manifestations culturelles, ont à peu près ignoré le cirque, spectacle pourtant habituel des enfants, où ils sont allés eux-mêmes, où ils retourneront comme parents ou, en tout cas, comme grands-parents (nous verrons pourquoi).
Beaucoup d'ouvrages racontent ou illustrent le cirque. Ils reprennent différents poncifs qui m'ont paru en fait défensifs.
Les entrées de clowns, trois ou quatre numéros intercalés dans le spectacle de cirque et se terminant obligatoirement par un final musical réunissant les deux invariables protagonistes — l'Auguste et le Clown blanc — sont puisés dans un corpus international d'une cinquantaine de thèmes, pas davantage, qui ont finalement émergé du dialogue des clowns avec leurs jeunes spectateurs entourés d'ailleurs de leur famille. Le plaisir et la réponse de ceux-ci affinant chez ceux-là, inconsciemment, le sens des conflits intrapsychiques que leur jeu permet de négocier.
Le numéro de clowns constitue donc un phénomène culturel bien particulier en ce qu'il n'est pas œuvre d'auteur, mais coproduction des acteurs et des spectateurs progressivement élaborée, mais désormais rigoureusement fixée.
En effet, la permanence des duos de l'Auguste et du Clown blanc (c'est à eux seulement que je m'attacherai) dans tous les spectacles du cirque, leur stéréotypie, semblable à celle que les enfants exigent des contes de fées et des histoires, laissent à penser que ces numéros, indispensables désormais à tout spectacle de cirque, remplissent une