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Le texte qu'on va lire est celui d'une conférence faite en 1933 à l'Université de Poitiers, dans un cycle d'études organisé par Georges Bouligand, professeur à la Faculté des Sciences, devenu depuis professeur à la Sorbonne. Les textes de ces conférences ont été réunies dans un volume paru à la Librairie Flammarion, dans la Bibliothèque de Philosophie scientifique, sous le titre: L'évolution des sciences physiques et mathématiques.
A cette époque, la psychanalyse n'avait pas la place qu'elle a conquise aujourd'hui dans la pensée contemporaine et la rencontre que j'évoque dans le titre de cet article était peu probable. En relisant cette étude, fruit de réflexions qui ont fait l'objet de mon livre sur L'entropie paru en 1929, il m'apparaît que la psychanalyse peut apporter un bon éclairage à la philosophie des sciences.
Plutôt que de me livrer à une étude générale d'un problème capital pour le philosophe, puisqu'il concerne l'unité de notre savoir sur le monde, il m'a paru de meilleure méthode de proposer aux lecteurs de cette Revue un exemple qui se prête bien à cette réflexion.
Les traités de physique contemporains, dont quelques-uns sont très remarquables, ne sauraient, dans l'exposé des théories de cette science, faire une place bien grande à l'histoire des découvertes et des théories. Il en résulterait une perte de temps trop considérable dans l'enseignement. Malheureusement, il n'est pas toujours possible de parvenir à la complète intelligence d'un système quelconque d'idées et, en particulier, d'une théorie physique, quand on ne peut recourir au point de vue historique. Je voudrais donc montrer, sur un exemple, quel profit il peut y avoir, au point de vue de l'enseignement, à se reporter aux