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« L'inconscient et le refoulement sont des notions encombrantes et suspectes », fantasmes et complexes sont bons à « jeter aux orties »; l'instinct de mort est une « fable », le complexe d'Œdipe, un « roman incroyable », « les thèmes psychanalytiques en sont arrivés au stade du ressaisissement caricatural et leur échec est éclatant ».
M. René Girard1 qui, après tant d'autres, enferme ainsi la psychanalyse dans les oubliettes de l'histoire, l'y laisse en nombreuse compagnie: l'anthropologie structurale, le marxisme, la mythologie, l'exégèse biblique, Nietzsche, la théorie de la communication sont tour à tour jugés, dépassés et relégués par cet homme qui entend ainsi mettre fin une bonne fois pour toutes à tout processus d'exclusion, grâce à une théorie personnelle d'une « simplicité foudroyante ».
Selon M. Girard, l'homme, comme tout autre animal, n'est animé que par le mimétisme. Prendre autrui comme modèle, c'est en même temps le poser comme rival, puisque l'identité parfaite ne peut être obtenue qu'en possédant tout ce qu'il possède. Le mimétisme se double donc d'une violence originaire dans l'histoire de l'individu comme dans celle de la société. Le désir sexuel est une conséquence accessoire de l'identification: être comme l'autre, c'est, entre beaucoup d'autres choses, désirer ce qu'il désire. A l'origine des sociétés, le jeu de la mimésis a conduit à une violence croissante et généralisée, en même temps qu'à une dédifférenciation des individus, jusqu'au moment où toute la violence s'est polarisée sur un seul, rendu responsable pour tous, et sacrifié. Cette polarisation a d'un seul coup mis fin à la violence. Rétrospectivement, les sociétés ont mal interprété le déroulement des