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Il reste encore à la psychanalyse à trouver une définition précise, et reconnue par tous, de ses objectifs thérapeutiques. Il semblerait que la résolution de la névrose de transfert soit le critère généralement admis, bien qu'on ne s'entende pas sur le sens à donner à cette résolution. Malheureusement on a parfois donné à la résolution du transfert un sens erroné, celui d'un point final, qui implique la perfectibilité et l'idéalisation du processus analytique, ce qu'ambitionnent nos patients au début de leur analyse (Glover, 1955, p. 4). Cette conception erronée n'est que le reflet d'un problème plus vaste, celui de la difficulté à définir la santé mentale. On cite Freud, qui a dit que la « capacité d'aimer et de travailler » (Erikson, 1963, p. 263) était le critère de la santé mentale. Il a dit aussi: « La psychanalyse est un instrument qui donne au Moi la possibilité d'effectuer une conquête progressive du Ça » (, p. 56). Ces deux assertions sont implicites dans la définition succincte qu'il a donnée des objectifs analytiques: « Le travail de l'analyse consiste à assurer aux fonctions du Moi les conditions psychologiques les meilleures possible; ce faisant, elle a rempli sa tâche » (, p. 250).
Le débat que je vais entamer sur les buts de l'analyse dans les névroses de transfert portera sur les progrès épigénésiques dans la capacité à penser la réalité, point critique du processus analytique. L'organisation et la compréhension de la réalité interne et externe ne se font que peu à peu et jamais entièrement. Au fur et à mesure que la réalité se transforme (Robbins et Sadow, 1974), le développement de la capacité à saisir les aspects toujours plus complexes de la réalité implique la prédominance accrue du fonctionnement du processus