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L'ouvrage publié par les Presses Universitaires de France, le Cas Schreber constitué par les principales contributions psychanalytiques de langue anglaise aux célèbres Mémoires d'un Névropathe de D.-P. Schreber, a déjà fait l'objet d'une analyse critique en 1966 rédigée par P. G. Racamier et J. Chasseguet-Smirgel.
A cette date en effet ces auteurs établissaient une revue critique des travaux anglo-américains à l'occasion d'un numéro de la Revue française de Psychanalyse consacré à la Paranoïa. L'actualité comme la qualité de ce travail qui évaluait les nouvelles données cliniques et théoriques proposées par ces publications pourraient sembler nous dispenser d'une nouvelle présentation de ce livre, si de nouvelles « lectures » des Mémoires ne nous avaient sollicités ces dernières années.
Quatre séminaires au moins, organisés par l'Institut de Psychanalyse, celui d'A. Green, de J. Gillibert, de F. Pasche et de P. Le Tarte, pour ne parler que de ceux que nous connaissons, la récente adaptation théâtrale de J. Gillibert, Fragments d'un délire au théâtre de la Resserre de la Cité universitaire, les travaux de E. Prado de Oliveira publiés en partie dans Psychanalyse à l'Université, toutes ces approches ont permis à de nombreux lecteurs d'accéder directement aux Mémoires d'un Névropathe, et de pénétrer ce texte fascinant publié par les Editions du Seuil en français depuis 1975, alors qu'ils n'en connaissaient généralement que l'interprétation freudienne de 1911.
D'où vient donc cette nécessité que l'on ressent à la lecture des Mémoires et des travaux psychanalytiques que leur publication a suscités depuis Freud, d'établir cet éternel retour à Schreber, ce parcours nécessaire auquel les psychanalystes échappent rarement ?