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Dr Meltzer: La meilleure façon, pour moi, d'aborder toutes les questions que vous m'avez posées et de tenter de les réunir, est sans doute de discuter des deux différents modèles du psychisme, l'un créé par Melanie Klein, l'autre par W. R. Bion, car j'utilise ces modèles dans mon travail, et les questions que vous me posez s'y rapportent.
Les écrits de Melanie Klein peuvent servir à postuler un concept du psychisme, qui n'est énoncé nulle part dans son œuvre comme spécifiquement différent de celui de Freud, mais qui, en fait, est une adjonction très importante au modèle établi dans « Le Moi et le Ça », le modèle structural de l'appareil psychique freudien. Cette adjonction, c'est le concept kleinien d'espaces internes, concept qui se forma virtuellement dès le début de son œuvre, et qui fut implicite dans toutes ses descriptions cliniques.
En imaginant qu'il existe des espaces à l'intérieur du corps qui contiennent aussi bien des objets que des parties du Self en relation avec lesdits objets, M. Klein créa ce que l'on pourrait appeler « la scène de l'élaboration du sens ». Elle modifiait ainsi dans une certaine mesure la conception freudienne, sans toutefois que cela fût explicite dans son œuvre, en partie parce que son approche de la psychanalyse n'était pas spécialement théorique, ni philosophique. Cela impliquait cependant d'importants changements qui doivent être signalés si l'on veut comprendre la signification de son œuvre.
Le premier de ces changements constitue ce que l'on pourrait appeler une modification philosophique vers une orientation platonicienne tendant à considérer que toute signification tire son origine des relations internes et se trouve secondairement déléguée ou transmise au monde extérieur pour conférer un sens aux relations externes d'ordre émotionnel. De la sorte, Mrs. Klein donna une signification nouvelle et très concrète au phantasme en tant qu'expression fidèle des relations concrètes entre les objets internes et les parties du Self.
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