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Le Colloque de la Société psychanalytique de Paris a été consacré en 1980 à un échange d'idées sur la place que les psychanalystes font au corps dans leurs conceptions théoriques et leur pratique. Place étrange, en vérité. Mettre en évidence le rôle de la sexualité dans le monde mental, édifier une métapsychologie dont les concepts de base sont les pulsions, n'est-ce pas introduire violemment le corps dans un espace où l'angélisme et le pneumatisme régnaient depuis des temps fort reculés ? Etendre un patient sur un divan, se placer hors de sa vue et lui demander de ne communiquer avec le psychanalyste que par la parole est une façon de disqualifier ce qui vient du corps, autant la mimique et le geste que les diverses actions entrant dans la catégorie des résistances. Cette contradiction n'en est pas moins fondamentale dans nos théories comme dans notre pratique et elle nous renvoie au concept du travail psychanalytique, de l'élaboration psychique jusqu'aux formes les plus évoluées de la verbalisation et de l'interprétation.
Les discussions de ce dernier Colloque ont mis en lumière différents plans où les interactions du corps et de l'appareil psychique interviennent dans les conceptions psychanalytiques.
Notre invité, Jean Starobinski, a situé le début de l'œuvre de Freud dans le mouvement de la psychologie contemporaine, par rapport à l'apparition du concept de coenesthésies. Il s'agissait d'un concept révolutionnaire à l'époque puisqu'il introduisait les sensations venues du corps dans la constitution de la conscience de soi, et que les variations des premières étaient invoquées pour rendre compte des variations pathologiques de la seconde. Les premières découvertes de Freud ont apporté des connaissances tout à fait nouvelles, et inimaginables auparavant, sur la place des sensations corporelles dans le fonctionnement psychique, qu'il s'agisse de l'opposition entre les zones érogènes et le reste du corps ou de l'érogénéisation secondaire qui peut s'ensuivre.
Le deuxiè