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Je remercie d'abord Jean Starobinski dont l'aisance et la richesse inégalable de documentation m'ont impressionné.
J'ai, par ailleurs, été très heureux d'écouter les interventions de mes collègues psychanalystes.
Je reste cependant étonné de ne pas avoir entendu prononcer, depuis ce matin, le mot préconscient. Il faut dire qu'à l'Institut de Psychosomatique, nous nous intéressons tout particulièrement à cette énorme organisation fonctionnelle, plaque tournante de l'appareil mental dans sa constitution comme dans sa marche, et dont les qualités sont différentes d'un individu à l'autre.
En analyse classique, la première topique est censée se trouver toujours en état de fonctionnement, à tel point qu'on en considère les mouvements sans penser que ceux-ci, ailleurs, sont susceptibles de mal exister, voire même de ne pas exister.
En psychosomatique, la première topique et son fonctionnement sont au centre des études. Dans la règle, vous le savez, les névroses mentales et les psychoses organisées ne laissent pas la place aux maladies somatiques. Par contre, les névroses de caractère au fonctionnement préconscient irrégulier, et les névroses de comportement dont le fonctionnement préconscient est en permanence et, pour le moins, insuffisant, sont les terrains d'élection de ces maladies.
Le préconscient constitue le haut lieu où la psyché, riche de ses départs originaires, s'organise en compagnie des langages sur des bases somatiques, et particulièrement sur les bases perceptives établies par les expériences sensorimotrices de tout ordre du petit enfant. Je ne néglige en rien le rôle de la mère à ce sujet.
Des qualités du préconscient dépend souvent la santé aux niveaux somatiques. Son fonctionnement — quelle que soit la forme d'organisation mentale qu'il sert — permet de maintenir une partie importante