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Les psychothérapies conjointes de mères et de bébés atteints de troubles psychosomatiques révèlent, nous semble-t-il, presque toujours que c'est le corps du bébé qui est engagé à travers sa symptomatologie à la place de sa mère, le symptôme physique de l'enfant occultant chez celle-ci l'éclosion d'une symptomatologie personnelle en général mentale, mais qui pourrait aussi avoir une traduction somatique.
C'est cette communication en quelque sorte directe, c'est-à-dire instantanée, qui règne entre le nourrisson et sa mère qui peut nous amener à considérer la dyade mère-enfant à ses débuts comme un système complexe qui se régule au sein d'une même économie psychosomatique. Ceci rendrait compte de ce que nous observons en ce qui concerne l'étonnante labilité de la symptomatologie psychosomatique chez les bébés et du caractère parfois « magique » que peut prendre la levée du symptôme lors de la prise en charge psychothérapique de la mère et de l'enfant.
Cette rapidité de la fuite dans la guérison peut constituer un réel danger quant à la poursuite du traitement et amener l'analyste à chercher à gagner du temps, afin qu'une réaction transférentielle suffisamment solide puisse avoir le temps de s'instaurer avec la mère avant que le bébé ne guérisse. Certains bébés nous facilitent la tâche en développant, par exemple, une deuxième symptomatologie, mineure par rapport au trouble initial, mais suffisante lorsque celui-ci a disparu pour permettre au traitement de se poursuivre. C'est ainsi qu'une petite fille de huit mois, Béatrice, dont le traitement avait débuté dans une atmosphère dramatique : l'enfant ayant subi treize paracentèses pour des