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L'intervention de Rosine Debray me donne l'occasion de saluer la qualité du travail effectué par elle et ses collègues à l'Hôpital de l'Institut psychosomatique où, par les psychothérapies des enfants j'ai beaucoup appris, aux côtés de Pierre Marty, devenu depuis deux ans mon compagnon de réflexion.
Merci, René Diatkine, de m'avoir invité parmi vous et de me permettre en cet instant de soumettre à votre critique une perplexité que n'a pas levée, jusqu'ici, une certaine interdisciplinarité, sous laquelle a été inscrite cette journée. Ambiguïté par laquelle le corps de l'enfant serait ce que le pédiatre soigne et dont la psychanalyse cause. Pardonnez cette brusquerie qui est peut-être le fait de ma discipline propre ; elle va me conduire à donner irruption au corps, dans sa réalité charnelle : le corps maigre de trois enfants vus au hasard de la clinique, ces dernières semaines.
Le premier est un garçon d'une huitaine d'années. A l'âge de deux ans il avait été adopté par une vieille demoiselle, à la sauvette, à l'aéroport, venant du Pakistan. Cet enfant était l'image terne de la débilité mentale.
Poussé par ma tendance, je commençais à cogiter sur la psychor dynamique de l'insuffisance intellectuelle et, dans un mouvement contraire j'étais tiraillé vers l'étiologie prosaïque de l'encéphalose de la disette, car il est maintenant démontré — pas depuis très longtemps —que, dénutri dans les premiers mois de la vie, un enfant menacé dans son existence peut l'être aussi dans sa vie mentale ultérieure.
Ce propos évoque le corps victime de l'enfant qui n'est pas le fait de l'histoire, mais bien de l'actualité quotidienne, dans tous les pays. L'enfant maltraité compte pour un chapitre essentiel de la pédiatrie. L'enfant battu ou laissé dépérir, fait plus de morts ou d'infirmes physiques ou mentaux que toute la cancérologie infantile et la pathologie infectieuse ensemble.