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1) A. Green nous dit que le désir interprète la pulsion, qu'il en est la métaphore. Faisons écho à cette formule. S'il est vrai que le mouvement de la pulsion, en sa structure, implique la rencontre de l'objet et son ratage, c'est bien ce qui est à la fois trouvé et perdu, dans le moment pulsionnel qui ouvre au désir.
Le corps pulsionnel, le corps désirant, essentiellement en jeu dans la parole analytique, sont des fragments de corps noués à des fragments de phrases, de mots. Et ces fragments occupent un espace tel qu'ils permettent de poser le sujet et… l'objet (pour reprendre les mots de Sami Ali : « Le corps n'est ni sujet ni objet, il permet la position des deux »). Nous dirions plus volontiers, en termes lacaniens : la position du sujet par rapport à l'Autre.
La difficulté est bien de saisir pourquoi il faut que ces fragments soient des « trous », soit ce qui laisse vide la place découpée par l'objet perdu.
Le corps oral se tient et s'abolit dans l'intervalle que laisse le sein perdu ; le corps anal s'érige et se défait en lieu et place de l'excrément donné et jeté. De même pour ce qu'il en est du regard et de la voix.
Boucher ce « trou », cet espace vide en question, avec du corps et (ou) faire du « trou » dans du corps trop présent : amorce de toutes les défaillances et impasses du sujet désirant, amorce des « maladies » de son corps.
2) On a beaucoup parlé, au cours de ce Colloque, du corps de la mère. Pourquoi si rarement du corps du père ?
Le corps du père : pas nécessairement celui doté d'un pénis (au départ, attribué, comme on sait, au corps maternel), mais le corps imaginaire du père avec sa bouche, son anus, sa voix et son regard qui peuvent dévorer, terroriser, tuer.
Les choses sont particulièrement frappantes là où le père se vit