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La participation du corps est variable d'une cure à l'autre. Si chez certains, le corps est l'éternel absent, chez d'autres il occupe toute la place. Chez ces derniers, on peut suivre les effets d'une corporalisation qui semble obturer l'espace psychique par une forme de matérialisation continue, où les représentations restent engluées dans une gangue charnelle.
En présentant quelques extraits d'une cure, j'insisterai sur deux aspects essentiellement : tout d'abord la succession d'images du corps dramatisant les vicissitudes du transfert et les représentations du self ; et là, je citerai souvent le discours de la patiente pour illustrer cette poétique du corps. Et puis la différenciation progressive entre l'espace intracorporel et l'espace intrapsychique.
Le corps était porteur des symptômes : céphalées violentes, frigidité tenace, anorexie et aménorrhée, stérilité venaient tour à tour matérialiser les conflits et fantasmes de cette jeune femme. La corporalisation marquait et masquait le transfert, les vicissitudes de ce dernier s'échappant dans des modifications de l'image subjective du corps sous forme d'altérations des sensations thermiques et de la perception de l'espace. Les affects, c'était au corps de les sentir, les pulsions, c'était aussi au corps de les exprimer ; quant aux objets, ils étaient soit prisonniers de son intérieur, soit attirant sa substance d'une lointaine distance, au dehors. Le moi ou le self, particulièrement, se confondait avec le corps, ou plutôt se logeait à différents niveaux de ce corps, soit se projetant sur là surface, soit se réfugiant dans la tête, mais toujours évitant d'établir son noyau à l'intérieur, centre inquiétant et fou qu'il s'agissait de neutraliser.
C'est surtout le rapport entre le dedans et le dehors qui évoluera au cours de la cure, entre ce qu'on sent et ce qu'on voit, entre l'inquiétante étrangeté du mou et la réassurante fermeté du contour, et c'est sur cette dialectique que je vais me concentrer, sacrifiant délibér