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Les organisateurs de ce Colloque sont à louer pour leur initiative : ils nous ont donné une occasion de débattre de la place du corps dans la théorie et la pratique psychanalytiques. C'est une occasion rare : sauf erreur de ma part, notre Société n'avait tenu aucune réunion scientifique consacrée de façon spécifique à cette question. Seul le Congrès des Langues romanes de 1961 sur l'identification lui a fait une place.
Ce n'est sans doute pas un hasard. N'entendons-nous par certains d'entre nous s'étonner de lire sous la plume de Freud la phrase bien connue : « Le moi est d'abord un moi corporel. » Situation étrange dans un groupement d'analystes que d'aucuns désignent, voire critiquent, pour sa position jugée trop médicalisante. Mais ceci explique peut-être cela ?
Restant pour ma part de ceux qui ne peuvent accepter que le moi psychique soit une structure abstraite, « pure » de tout rapport trouble avec le corps et refusant par conséquent toute conception trop spiritualiste de l'appareil psychique, je vous livrerai quelques réflexions pouvant contribuer à l'élaboration d'un modèle conceptuel des relations entre le corps sensible et l'appareil psychique qui s'y différencie et y reste logé de façon inamovible, qu'on le veuille ou non…
Une phrase écrite par Weiszäcker a retenu mon attention : « Tout organe est hé à un ensemble de la vie émotionnelle qui lui est spécifique : le recensement de ces rapports est la seule voie pour comprendre les articulations somatopsychiques. » Nous aurons rapporté de ce Colloque la conviction que ces articulations sont bien mal connues et mon ambition dans ce qui suit serait d'avoir apporté une pierre, si petite soit-elle, à cette construction nécessaire.
Je ne procéderai pas, ce faisant, en usant d'outils ou de méthodes scientifiques. Je suivrai plutôt mon penchant pour un abord poétique du corps. N'est-ce pas d'ailleurs, pour longtemps, sinon pour toujours,