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Il existe au Guatemala une légende, celle de saint Maximon, qui semble riche d'enseignement pour nous, analystes.
Il y a très longtemps, l'ordre fut perturbé au Guatemala, car les célibataires cherchaient trop à fréquenter les femmes mariées. Pour rétablir l'ordre, les ancêtres décidèrent de se procurer l'aide d'un saint. Ils cherchèrent à créer l'image de ce saint en la sculptant dans du bois. Un arbre de la forêt se proposa à cet effet et le personnage masculin sculpté fut nommé saint Maximon. Au lieu du résultat attendu, il advint que Maximon ne fit qu'accentuer le désordre sexuel. Il adopta une image féminine en plus de l'image masculine qu'on lui avait conférée. Incube et succube, il utilisa ses pouvoirs pour jouir à la fois comme un homme et comme une femme et perturba encore davantage l'ordre de l'univers qu'il était censé rétablir. Les ancêtres furieux le privèrent alors de sa puissance. Il est dit, cependant, que Maximon a gardé depuis une partie de son pouvoir et qu'il suscite encore des fièvres et des folies dans les campagnes du Guatemala. Les Guatemaltèques ont continué à le vénérer et l'on peut trouver, paraît-il, encore deux ou trois églises où une chapelle lui est réservée.
Au musée de Ciudad de Guatemala il existe une reproduction d'une de ces chapelles où l'on voit un mannequin habillé en homme, fumant le cigare et portant moustache mais recouvert, par ailleurs, de chatoyants foulards de femme. Autour de lui sont déposés des cierges et des offrandes en hommage à son image et à sa bisexualité sans doute aussi honnie que désirée.
Si l'on regarde d'un peu plus près le texte de la légende il semblerait que ce soit l'élément féminin de la bisexualité qui soit spécifiquement refoulé. En effet, les ancêtres ont conçu leur image sainte comme