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« Le sentiment de l'insolite, c'est la question pourquoi ? associée à chaque chose. Et cette question sans réponse… L'objet… vient de naître des cendres du symbole. »
C'est l'une des conséquences de la méthode qu'il utilise, l'insolite fait partie de l'ordinaire du psychanalyste. Le péril que, paradoxalement, il court c'est donc d'en venir à son tour, trop facilement et trop radicalement, à percevoir l'étrange comme familier, ce qui ne va pas de soi comme allant de soi. Systématiquement disposé à relier ce qui s'offre épars, à détecter le sens jusqu'aux frontières de l'absurde, il risque, victime à son tour de la répétition dont il s'attache à relever les signes, de perdre peu à peu la perception du relief mental, l'acuité d'écoute qui lui permet l'appréciation de différences infimes. S'il adopte trop exclusivement ou trop aisément le parti de la réduction de l'inconnu au connu, de l'incongru au congruent, l'analyste risque de se faire le complice de la résistance de son patient dans la mesure où il contre-investit avec lui les composantes du changement au profit des forces de refoulement, de stagnation. Autrement dit s'il ne consent pas à faire la part d'un noyau infracassable d'étrangeté dans l'étrange, de singularité dans l'insolite, son patient effort de déchiffrement risque d'emporter le chiffré avec le chiffre.
Que, dans un premier temps, le seul certes qui soit spécifiquement analytique, l'effort d'interprétation portant sur tel ou tel donné insolite ait pour résultat, progressif ou soudain, de faire réapparaître l'habituel sous l'inhabituel, le rationnel sous l'irrationnel, soit. Mais ce dévoilement, en levant l'illusion subjective, quelque forme qu'elle prenne, s'il restitue bien la familiarité perdue c'est selon une ambiguïté d'une tout autre nature que celle qui s'y était attachée à l'origine des vécus d'inquiétante