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« Un jour où par un brûlant après-midi d'été je parcourais les rues vides et inconnues d'une petite ville italienne, je tombai dans un quartier sur le caractère duquel je ne pus pas longtemps rester en doute; aux fenêtres on ne voyait que des femmes fardées et je m'empressai de quitter l'étroite rue au plus proche tournant. Mais après avoir erré quelque temps sans guide, je me retrouvai soudain dans la même rue où je commençais à faire sensation, et la hâte de mon éloignement n'eut d'autre résultat que de m'y faire revenir une troisième fois par un nouveau détour; je ressentis alors un sentiment que je ne puis qualifier que d'étrangement inquiétant, et je fus bien content, lorsque, renonçant à d'autres explorations, je me retrouvai sur la place que je venais de quitter »1.
Nous promenant paresseusement dans le texte de Freud, sensibles à certaines correspondances, à certains échos insistants, pourrons-nous suivre les conseils de l'écrivain Henri James ? Avec quelle ironie, dans sa nouvelle « Le lieu de naissance », il traite les lecteurs idolâtres d'un grand écrivain !2. Ces chercheurs acharnés des moindres faits de la vie de leur grand homme adorant les lieux où Il a habité, les objets qui lui ont appartenu… les objets qui l'ont habité. Seule l'œuvre compte et doit intéresser les lecteurs, insiste Henri James dans cette nouvelle, dont le contenu et la forme (comme tant d'autres textes de cet écrivain) nous incitent particulièrement à nous interroger sur l'auteur.
« L'inquiétante étrangeté » est ressortie d'un tiroir où elle dormait (depuis quand ? Depuis un retour d'Italie ou le retour d'Athènes en 1904 ?), en mai 1919.
Elle semble écrite pour délasser et divertir l'auteur de la difficile