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Comme toujours avec les ouvrages, les livres écrits par Sarah Kofman, une précision, une dialectique serrée jointes à un esprit d'ouverture: on est surpris, agréablement, quelque peu violenté — pas désagréablement —, conquis enfin sur le terrain d'une connaissance et d'une découverte.
A vrai dire, bien que n'ayant pas été aussi loin qu'elle dans les textes de Freud traitant de la féminité et de la sexualité féminine, j'étais, dès les premières pages, quelque peu gagné d'avance à la « cause ».
Le résumé que fait Sarah Kofman de la clef de voûte de la pensée de Freud quant à la femme est son « idée fixe », l'envie du pénis, qui fait muter sa panique, et celle des hommes, ses congénères, en règle observable; qui transforme la femme, être narcissique, « criminelle », en malade hystérique « manipulable et maîtrisable ».
Je dirai déjà que, quelle que soit cette opération, la mutation est quelque peu alchimique; n'était-ce pas signifier, d'une façon que nous pouvons critiquer aujourd'hui, la double et douloureuse appartenance à la bisexualité psychique de la femme sous le masque de la femme « hystérique » ?
Devant l' « œdipe » de la femme, la pensée de Freud aurait achoppé à sa manière; mais alors, ou bien toute pensée achoppe, soit par sacralisation excessive, voire idéalisation, soit par esprit de profanation, par ravalement, ou alors l'énigme de la femme n'est montée en épingle que par une société masculine, phallocentrique, blanche, occidentale et la sexualité masculine n'est dans le fond pas moins énigmatique que la sexualité féminine, ce que pour ma part, je crois. C'est la sexualité elle-même qui est difficile à penser, dans ses incarnations.
On voit bien, grâce à Sarah Kofman, comment Freud fait bouger les « notions » habituelles, convenues et dans le fond marquées par la métaphysique post-aristotélicienne, sur la féminité, la passivité; une compréhension nouvelle, est gagnée mais au nom d'une logique et quelquefois d'une seule logique, qui s'est app elée « l'envie du p