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Le Colloque organisé par le Centre Alfred Binet les 6 et 7 décembre 1980 a été consacré cette année à la notion de régression telle qu'elle peut être envisagée aujourd'hui par les psychanalystes lorsqu'ils s'occupent d'enfants.
Il est impossible de restituer ici la teneur des six exposés théoriques ou cliniques très riches présentés par Michel Ody, Gérard Lucas, J. Simon, Alex Holder, L. Kreisler et A. Brousselle; non plus que tout l'apport de la discussion en table ronde où sont intervenus en particulier C. Chiland, E. Kestemberg, R. Henny, S. Lebovici autour de René Diatkine.
Comme l'ont exposé Michel Ody et Gérard Lucas qui ont traité des problèmes théoriques posés par le concept de régression chez Freud et depuis, il s'agit d'une notion très largement rencontrée dans la littérature, mais qui est envisagée de façon sensiblement différente par les divers auteurs. Les différentes modalités régressives décrites par Freud, régression topique, régression temporelle, régression formelle, ne recouvrent pas à loin près les usages actuels du terme « régression ». Il s'agit d'un terme qui est employé en effet dans des systèmes conceptuels différents et, comme l'a indiqué C. Chiland, on passe d'un emploi phénoménologique quelque peu péjoratif du mot à un point de vue inverse, laudatif, où la régression est recherchée, comme chez Winnicott, comme l'état dans lequel peut être reçu ce qui avait jadis manqué. C'est à partir d'un matériel clinique très riche présenté par J. Simon qu'ont été discutés la valeur du concept de régression et l'emploi fréquent de l'adjectif régressif. Pour E. Kestemberg la notion de régression au sens clinique devrait être réservée aux cas où il y a une sorte de faillite du fonctionnement mental. Dans la même perspective, J. Cosnier a rappelé que, si Freud a utilisé à la fois les notions de régression temporelle et libidinale, il a attaché à celle « d'après-coup » une importance fondamentale; le jeu de « l'après-coup » nous situe dans un système où les