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Le concept de narcissisme, qui apparaît dans une note à la deuxième édition des Trois essais en 1910, est énoncé quelques mois plus tard, dans le travail sur Léonard de Vinci, quand Freud fait référence à l'homosexualité: « L'enfant refoule l'amour envers sa mère, en se substituant à elle; c'est-à-dire en s'identifiant avec elle et en se prenant lui-même comme modèle, pour choisir des nouveaux objets érotiques qui lui ressemblent. Ainsi il devient homosexuel, ou encore mieux, il passe à l'auto-érotisme puisque les enfants objets de son amour ne sont que des personnes de substitution et des reproductions de sa même personne infantile, et qu'il les aime comme sa mère l'aima lui-même quand il était tout petit. Nous dirons alors qu'il trouve ses objets érotiques par la voie du narcissisme. » D'après Meltzer (1978), celle-ci serait la première et grossière formulation du concept de narcissisme, où le rôle fondamental serait joué par l'identification narcissique avec la mère. Ainsi donc, la première théorie du narcissisme ne serait point celle du sujet s'aimant lui-même, mais celle du sujet qui s'identifie avec la mère et qui s'aime lui-même comme sa mère l'aima. Ce premier jugement sur le narcissisme, où « l'identification narcissique avec la mère » joue un rôle central, sera négligé par Freud et développé trente-six années plus tard dans le concept d'identification projective de Melanie Klein, comme une première description d'un mécanisme pour l'acquisition d'une identification narcissique (Meltzer, 1978).
En revenant au cas de Léonard, nous rappellerons la citation de