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Mythe, stade ou structure, dans sa dimension interprétative, l'Œdipe catalyse l'agrégation d'un climat intersubjectif original qui articule transfert et contre-transfert selon un devenir symbolique tout à fait spécifique à l'analyse. Si l'Œdipe se met en mouvement, l'analyse s'élargit et progresse. Si l'Œdipe s'arrête, l'analyse s'arrête aussi et son processus s'éteint. D'où la question; est-il possible, à partir de l'Œdipe, d'envisager un symbolisme spécifiquement psychanalytique sans pour autant faire une réduction du symbolisme au métapsychologique ? Stimulé par la lecture du rapport de Mme Torras de Beà, je vais essayer de fournir une réponse à l'un des aspects de ce problème, étudiant l'Œdipe précoce en tant qu'instrument de médiation, dans le développement du processus psychanalytique, entre le transfert du patient et l'usage que l'analyste fait des différents « espaces » de son fonctionnement mental (espace œdipien, espace narcissique et espace cognitif plus particulièrement).
Soudain, l'Œdipe de Sophocle et l'Hamlet de Shakespeare avaient éclairé la tentative de Freud1 d'appréhender le symbolisme de ses rêves. Dans la psyché de Freud, s'était ainsi ouvert un nouvel espace mental qui allait permettre le dégagement, cette fois-ci dans la relation psychanalytique de l'espace œdipien, du sens latent de l'espace cognitif du sens manifeste. Le discours latent du symbolisme est fondé, dès lors, sur la base spécifiquement psychanalytique de la sexualité infantile.