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Mme Torras de Beà le rappelle et le démontre fort bien, tant à travers ses pertinentes réflexions que ses citations de divers auteurs: le complexe d'Œdipe débuterait « au commencement de la vie », et c'est dans « l'élaboration et le dépassement des étapes précédentes que l'enfant pourra accéder à « ce moment de synthèse… qui marque la frontière entre les organisations les moins intégrées et les plus intégrées » ».
S'il paraît évident que c'est à partir d'une intégration suffisante de son être propre, vers 6-8 mois, que l'on peut parler de véritable différenciation entre l'enfant et la mère, peut-être peut-on néanmoins penser que jusqu'à cette constitution du Moi l'enfant n'est pas pour autant une masse biologique anonyme. Ce Moi ne saurait tomber du ciel et ce bébé n'est sans doute pas ce seul « tube digestif » incorporant et rejetant, à quoi certains paraissent parfois vouloir le réduire.
Si « l'objet est investi avant même d'être perçu », on est en droit de penser que la relation avec l' « étranger », avec le « tiers » débute, sinon dès les premières minutes, tout au moins très tôt dans la vie du nouveau-né; il ne serait de ce fait pas « tout à fait submergé dans une symbiose ».
Après d'autres, rappelons que cet être différencié qu'est sa mère avec son histoire, ses affects, ses fantasmes, son contact et son corps, ne sera pas sans laisser des « traces » (pour reprendre le mot de Freud), des « empreintes » (pour reprendre le terme des éthologistes) chez son bébé; celles-ci, toutes hors de toute conscience qu'elles soient alors, ne seront pas sans effets ultérieurs sur son devenir, ne seront pas sans prendre sens en après-coup dans son histoire œdipienne. Que ces « sensations » s'étayent sur le biologique et le physiologique, sans