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Jusqu'à présent le thème du changement a peu retenu l'attention des psychanalystes, à l'exclusion de ses aspects techniques: l'étude des facteurs thérapeutiques et, plus récemment, l'évaluation qualitative et quantitative des effets du traitement. Sans négliger l'intérêt de ces démarches, je voudrais d'emblée souligner que l'objet de ce rapport concerne un problème plus général. Si général qu'on est en droit de se demander si, avec la psychanalyse, une nouvelle interrogation fondamentale n'a pas été introduite dans notre questionnement de l'homme. Jusqu'alors, c'étaient l'étude et l'explication des différences individuelles qui avaient retenu l'attention des psychologues. Freud, s'inscrivant dans une tradition psychopathologique alors récente, avait tenté lui aussi de répondre à cette question. L'étude de l'hystérie, celle des psychonévroses de transfert et les schémas étiologiques qui furent développés par la suite sont autant de tentatives pour expliquer pourquoi se développe une pathologie, pour trouver l'origine d'une différence.
Mais, en même temps, la psychanalyse nous invite à réfléchir sur l'identité et le changement. J'ai essayé précédemment de montrer comment toute la démarche de Freud pouvait être comprise comme une étude du changement et de la résistance au changement (Widlöcher, 1970): depuis la constatation princeps que la remémoration est susceptible de supprimer le symptôme jusqu'à l'ultime méditation sur les résistances, depuis les concepts de frayage et de décharge jusqu'à la notion d'instinct de mort. L'identité, dans un tel contexte, ne signifie pas ce qui individualise la personne mais ce qui maintient cette différenciation et fait que la personne demeure la même. Identité et changement sont d'ailleurs inséparables. Il a fallu une certaine naïveté au