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Confortablement bercée par le roulis monotone du Trans-Europe-Express, la Commission d'enseignement de la Société sudiste de Psychanalyse s'efforçait vainement à définir les critères de changement permettant le passage du stade de candidat à celui de membre de ladite société. Pour échapper au cercle trop solidement structuré des hypothèses, arguties, questionnements et autres catachrèses, il fut décidé de charpenter la solution sur le corps pour couper court. Désormais, en séance plénière qui durerait le temps qu'il faudrait, le candidat serait invité à manger le tome second de la traduction anglaise des œuvres de Freud et la docte Commission n'aurait plus qu'à s'assurer de la présence de l'instinct de mort dans ses excréments et de la concentration de Ça dans la sueur perlant sous ses aisselles pour en déduire que son Moi aurait été adéquatement métabolisé au niveau du Je du corps. Le temps passant, le train était entré en gare en allemand. Wir treffen in Wien ein, susurrait la speakerine dans le micro, se pourléchant les babines de la belle langue du maître.
Le recours à une mythologie corporelle s'était avéré nécessaire pour parier changement, à plus forte raison pour l'évaluer.
Sans le corps, l'indéfinie mécanique théorique ou métapsychologique qui se joue au niveau d'une structuration topique de l'appareil psychique n'a pas de cesse. La trajectoire linéaire du refoulement via l'inconscient au retour du refoulé, le travail de condensation et de décondensation, les déplacements circulaires, les échanges en va-et-vient entre processus primaires et processus secondaires, etc., ne peuvent qu'être continus ou répétitifs, définitivement indéfinis.
Seul un changement radical impliquant leur cessation, leur caducité, pourrait interrompre ce flux ou cette alternance au prix fort, celui de l'altération de la théorie. Fini le refoulement qui engendre les symptômes, finis les triangles où l'on tourne en rond, finie l'impasse entre