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Après des siècles où le conflit fondamentalement conçu sur la base des grandes dichotomies avait été au centre de cosmologies, de systèmes religieux et de théories philosophiques, on reconnaît à Freud le mérite d'avoir conquis cet espace à la science. Il semble désormais banal de considérer la psychanalyse comme une psychologie du conflit, ou bien avec Waelder (1937) d'en reconnaître l'unicité en considérant le comportement humain dans la perspective du conflit; cependant sa théorie apparaît encore insatisfaisante, au moins pour ce qui concerne l'intervention de tous les éléments métapsychologiques. Dans divers articles (, a, b) j'ai soutenu la nécessité d'abandonner le principe économique et d'apporter de profondes modifications à la théorie des instincts ainsi qu'à la théorie structurale. Etant donné que ces opérations rencontrent encore de nombreuses oppositions, je me contenterai pour le moment d'émettre un doute quant à l'opportunité de fonder la théorie du conflit sur un principe tel que l'économique, qui est refusé par un nombre croissant de chercheurs, et considéré comme suspect par beaucoup, et sur une mythologie ou sur des entités mythologiques ainsi que Freud lui-même (1933 a, b) définit à plusieurs reprises la théorie instinctuelle et les instincts. Ce serait faire preuve de précaution judicieuse, avant de définir une psychologie dynamico-conflictuelle, que de rappeler que, tout au long de son œuvre, Freud changea à plusieurs reprises la nature des antagonistes du conflit même; ce qui exprime bien l'honnêteté et l'effort continu de l'auteur pour approfondir l'enquête scientifique, mais aussi l'insuffisance de la théorie dont la conclusion est la perspective d'un conflit entre instinct de vie et instinct de mort qui exprime de manière réifiée un concept scientifiquement moins acceptable que celui posé au départ. Tout en étant