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Je remercie D. Widlöcher de nous avoir donné un rapport stimulant, en une langue claire, permettant des échanges — et d'avoir essayé de secouer la poussière de la théorie, entreprise difficile. Il ne faut pas jeter l'enfant avec l'eau du bain: je ne serai pas d'accord pour donner l'importance la plus grande aux pensées en abandonnant nos bases les plus sûres, celles de la relation d'objet. Widlöcher joue de sa grande compétence et évite souvent les précipices, mais il ne nous convainc pas toujours.
Et pourtant le jeu des pensées est au centre de nos intérêts. A travers le discours, elles constituent la matière brute de nos échanges entre analystes et analysants; encore que les silences et les affects y jouent un rôle important. Elles conditionnent diversement la conscience et constituent par là même des systèmes stables que le Moi défend ; elles sont la formulation tant de l'extérieur que de l'intérieur. Chaque anomalie structurale a sa traduction dans le mode de penser et celui-ci en permet une description très riche. Que l'on pense à l'hystérie dans laquelle la mentalisation préconsciente voisine avec le discours, recouverte par quelques défenses rigides mais transparentes. Certainement une telle étude circonscrit un champ insuffisamment défriché.
Cependant, je crois que reconnaître le jeu des pensées, leur arrangement structural, y déceler d'autres « pensées » sous-jacentes ne nous conduira ni à une théorie du développement suffisante ni à une conception dynamique, économique et topique de la psyché. Widlöcher s'y emploie: nous ne pouvons le suivre quand il remplace le sujet, le Je, le Moi par l'organisation de leur pensée; les structures du Surmoi et du Ça par des groupes de pensée antagonistes poursuivant des buts conservateurs… et lorsqu'il paraît renoncer aux grands mécanismes pulsionnels