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I. — L'acception du terme de changement semble, à l'usage qui en est fait le plus volontiers, indiquer une modification à caractère de rupture plus que d'évolution progressive: ainsi les changements de domicile, d'état, de décors, d'état civil, voire de nom… Aussi son évocation à l'égard de l'œuvre freudienne et de la cure psychanalytique, en lui donnant ce sens, coïncide-t-elle bien avec le point de départ des travaux de Daniel Widlöcher sur ce sujet: ce qu'il nomme l' « équation fondamentale de Breuer et Freud » et qui correspond à la période préanalytique ou des tout débuts de l'analyse. Le changement thérapeutique visait essentiellement la résolution du symptôme hystérique dans la coalescence de la remémoration et de l'affect. Il s'agissait d'une systématisation cohérente relativement simple par rapport à ce qui devait venir par la suite. Cela supposait un symptôme ayant fonction de compromis entre les termes d'un conflit, un mécanisme de refoulement, une origine traumatique liée à un événement et une finalité curative visant une normalité définie comme le retour au cours antérieur de la vie du sujet.
II — Cette vue (exagérément schématique aux fins d'accentuer son contraste avec ce qui devait suivre) a vite cessé de correspondre à l'évolution de la psychanalyse. La courte analyse de Dora — si l'élucidation du sens du symptôme y joue un rôle encore important — suggère l'intervention de modes relationnels et de conflits plus anciens que celui déclenché par les circonstances actuelles, ce dont Freud rend compte dans ses notes rétrospectives. La névrose obsessionnelle ouvre d'autres perspectives à partir des processus et des rétroactions de la pensée. C'est au procès de pensée dans la situation transférentielle et dans l'étude du rêve que se focalise la recherche de Freud et, comme le montre l'étude si approfondie de Daniel Widlöcher, c'est dans le