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« Le soir venu, il était là, seul. La barque, elle, se trouvait déjà au milieu de la mer harcelée par les vagues, car le vent était contraire. A la quatrième veille de la nuit il alla vers eux en marchant sur la mer. Quand ils le virent qui marchait sur la mer les disciples furent troublés: « C'est un fantôme », disaient-ils, et pris de peur ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur adressa ces mots: « Rassurez-vous, c'est moi, n'ayez pas peur. » Sur quoi, Pierre lui répondit: « Seigneur, si « c'est bien toi, donne-moi l'ordre de venir à « toi sur les eaux. » « Viens », dit Jésus. Et Pierre, descendant de la barque, se mit à marcher sur les eaux en venant vers Jésus. Mais, voyant la violence du vent, il prit peur et, commençant à couler, il s'écria: « Seigneur, « sauve-moi. » Aussitôt Jésus tendit la main et le saisit en lui disant: « Homme de peu de foi, « pourquoi as-tu douté ? »… »
Un jour, une de mes patientes (une analysante comme il se dit aujourd'hui) — une jeune femme au catholicisme affirmé — m'expliquait qu'il convenait d'avoir une lecture déniaisée des Evangiles. Il était, pour elle, évident que Jésus n'avait jamais, en réalité, marché sur les eaux. Nos connaissances scientifiques (elle était hautement diplômée en sciences physiques et voulait bien admettre que je savais d'Archimède ce qu'il faut savoir) lui permettaient d'affirmer qu'un tel exploit est impossible, plus même, qu'il est impensable. Cet épisode spectaculaire de la vie de Jésus était, à l'évidence, une métaphore. Une figure de rhétorique.
Et je n'avais rien à dire contre.
Je ne dis rien, en effet, mais n'en pensais pas moins. Son catholicisme devenait une philosophie — ni pire ni meilleure, sans doute, qu'une autre. Le fait religieux — le miracle — était aboli.
Pardonnez-moi cette apparente digression.