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« Rien ne nous garantit que notre mémoire soit fidèle ; nous cédons, bien plus que de raison, à l'obsession de lui faire confiance »2. Ainsi énoncée dans l'ouvrage princeps, cette grande défiance à l'égard de la mémoire conduisit Freud à comprendre les trous et les ratés du souvenir ; elle demeure l'une des idées-forces de son œuvre, l'un de ses moteurs, l'une de ses constantes.
« Quand je me méfie de ma mémoire — le névrosé ne s'en prive pas, et le normal pourrait bien l'imiter… », reprend-il en 1925 pour introduire une « Notice sur le bloc magique »3.
Cet articulet — qui se présente comme un divertissement, une œuvre mineure — partage avec celui sur La dénégation le privilège d'être référé par nombre d'auteurs (en France tout au moins) dans une proportion inverse au peu de pages qui le constituent. Le paradoxe est ici renforcé de ce que la moitié de ses quatre feuillets sont consacrés à la description et au démontage du gadget qui en fournit l'occasion.
Mis à part l'année de sa rédaction (1925), la similitude avec La dénégation semble pourtant s'arrêter là : ce dernier texte introduit un concept nouveau et majeur, alors que le « Bloc magique » paraît reprendre, pour l'essentiel, une thèse que l'on pouvait croire abandonnée. Là se situe sans doute sa plus grande singularité (peut-être même la raison de son audience) ; là se trouve ce qui justifie que l'on aille y voir de plus près.