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On a déjà beaucoup écrit sur le génie de Freud. La réflexion que l'on peut en faire en 1981 ne peut qu'aboutir à des répétitions. Il est toutefois un temps, particulièrement créateur, sur lequel les psychanalystes sont restés plus discrets. Il est vrai que les textes prépsychanalytiques de Sigmund Freud sont mal connus, souvent difficiles à trouver et pourtant éclairants d'un moment fondateur de la psychanalyse.
C'est en effet en 1891 qu'est publié le chapitre relativement important sur l'aphasie. Il est important de revenir sur cette date qui se situe à l'époque de ses travaux sur l'hypnose (1888-1893) après donc le voyage de Freud à Paris, la découverte des travaux de Charcot et de Bernheim, deux années avant la publication de l'article conçu avec Breuer sur les mécanismes psychiques des phénomènes hystériques. Dans la trajectoire de Freud, il faut rappeler qu'en 1891, il s'installe à la Bergstrasse, après cinq ans de pratique privée à la Rathausstrasse. Il avait dans ce temps progressivement dépassé les techniques de l'hypnose telles qu'il les avait apprises avec Charcot, pour aboutir, dès 1890, à la méthode cathartique. Ceci simplement pour rappeler que Freud, au cours de ces années et avant la publication sur l'aphasie, élaborait les premières dimensions de ce qui deviendra la métapsychologie, en proclamant une compréhension économique et sexuelle à l'origine des phénomènes de conversion.
L'article sur l'aphasie nous ramène à un champ de connaissances qui est celui de l'élève de Brücke, puis de Meynert et on oublie peut-être un peu rapidement que Freud a une connaissance neuropathologique extrêmement fine à cette époque et en particulier une information aphasiologique étendue. Il a rencontré Wernicke et il connaît fort bien les textes les plus actuels sur le sujet qu'il aborde, dans un champ de réflexion que l'on peut, sans doute aucun, qualifier de neuropsychologique. Son travail — et cela n'est pas pour nous étonner — est original et il n'hésite pas à mettre en