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L'évolution de la pensée de Freud sur la mémoire, ou plutôt sur les destins de la trace laissée par les événements vécus, les « expériences », pour arriver à la métaphore du bloc magique, est marquée par différentes étapes qui peuvent représenter elles-mêmes des réimpressions, des réinscriptions, à travers un processus de réinventions théoriques, de son auto-analyse.
Ce sur quoi j'aimerais insister, c'est sur le rapport continu entre la pratique de Freud et la création de modèles (qu'il s'agisse de métaphores ou de concepts à différents niveaux d'abstraction) pour décrire les relations entre le passé et le présent, ou les effets d'une temporalité spécifique à la psychanalyse.
La capacité de Freud à prendre en compte dans sa perception et sa réflexion sur une expérience relationnelle, quelle que soit au départ la « technique » utilisée, la complexité de ce qui s'y passe, lui permet de traduire le résultat de cette différenciation de plus en plus fine d'éléments dans un ensemble jusque-là simplifié par les théories précédentes. D. Anzieu souligne l'importance de l'écriture pour Freud, ce passage direct de la pensée au graphisme, issu de son histoire personnelle, importance de l'écriture retrouvée dans les modèles métaphoriques utilisés dans les moments décisifs de son itinéraire sur lesquels Derrida a mis l'accent. Ce que représente l'écriture, sous ses différentes formes (idéographique, pictographique, etc.), est sans doute déterminant pour la mise en rapports du corps et du psychisme, de la force et du sens, et tous leurs intermédiaires de délégation, de représentance, de représentations.
Mais ce n'est pas un hasard non plus si ce sont les hystériques et leurs dons d'inscription dans le corps, « puisant aux mêmes sources que le langage » pour communiquer leurs mouvements émotionnels,