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S'il fallait présenter l'argument que Freud développe dans son court essai de 1917 sur « Une difficulté de la psychanalyse », on ne saurait mieux faire que de se reporter à la conclusion de la dix-huitième leçon d'Introduction à la psychanalyse qu'il prononça au cours du semestre d'hiver 1916-1917. Il y traite du même thème dans les mêmes termes. Et si l'on voulait avoir quelque précision complémentaire sur certains aspects de ce thème, il suffirait de relire l'introduction à ces leçons qu'il exposa au début du semestre d'hiver 1915-1916. On peut s'étonner de cette reprise dans l'écrit, chez un homme dont on connaît la remarquable créativité. Certes, l'essai de 1917 ne s'adressait pas, comme les « leçons », au public universitaire de Vienne, mais était destiné à la revue d'un correspondant hongrois, H. Ignotus. Certes, encore, une telle reprise n'est pas exceptionnelle chez un auteur : elle confirme, infirme ou prolonge un écrit antérieur, et l'on en trouve d'autres exemples dans l'œuvre freudienne. Toutefois, les circonstances d'écriture de l'essai de 1917, l'ampleur du point de vue qui s'y déploie, la proximité antérieure de textes qui traitent semblablement du même thème incitent à chercher les raisons de cette insistance notable. L'examen des trois textes que j'ai mentionnés me permettra d'avancer quelque hypothèse à ce sujet.
Dès l'ouverture de ses cours, Freud déclare à ses auditeurs qu'il leur fera « toucher du doigt toutes les imperfections qui sont nécessairement attachées à l'enseignement de la psychanalyse et toutes les difficultés qui s'opposent à l'acquisition d'un jugement personnel en cette matière ». Il en dénombre trois.