You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'évocation des trois variétés de rêves typiques, telle qu'elle est présentée par Freud dans la Science des rêves, résume parfaitement l'histoire d'Œdipe : le rêve de nudité évoque l'exposition sur le Cithéron, donc l'infanticide ; le rêve de mort des êtres chers évoque le parenticide et le fratricide ; le rêve d'examen évoque enfin le savoir génital (inceste et castration) qui correspond à la deuxième épreuve à laquelle est soumis Œdipe, au deuxième oracle, au deuxième temps de l'Œdipe, et aussi à la deuxième mort de la mère-sphinx.
C'est donc dans le chapitre V de La Science des rêves (et à ce moment seulement de l'ensemble de son œuvre) que Freud nous expose les différentes phases de la tragédie de Sophocle, d'une façon extrêmement fidèle à la totalité de la véritable histoire de tous les enfants du monde résumée dans le mythe d'Œdipe.
En 1900 en effet Freud décrit, sans erreur ni omission, comment Sophocle concevait les origines imaginaires du drame œdipien, c'est-à-dire l'existence d'un double fantasme constituant la condition nécessaire et suffisante à la mise en route de la machine infernale placée au cœur du drame : d'un côté, le fantasme traduisant l'intention d'Œdipe de tuer ses parents et, de l'autre côté, le fantasme traduisant la tentation des parents de mettre Œdipe à mort.
Sans omission, car Freud nous montre qu'il s'agit bien à la fois d'une intention prêtée à Œdipe d'éliminer ses deux parents et d'une tentation émanant de deux parents de mettre Œdipe hors d'état de leur nuire en le faisant conduire sur le Cithéron pour y être tué (vers 1174, rapportant les aveux du berger).
Sans erreur, car Freud ne procède nullement dans ce texte aux