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La psychanalyse blesse en l'homme l'illusion narcissique selon laquelle le « moi » serait le « maître dans sa propre maison ». On rencontre naturellement des productions de la connaissance qui épousent l'inclination du « moi » à se sentir « le seigneur de ce monde ». Parallèlement, le « moi » oppose des résistances à recevoir les connaissances susceptibles de jeter le soupçon sur cette illusion : Freud étudie ces résistances en tant qu'obstacle épistémologique. Il est donc légitime de supposer que cet obstacle se retrouve à l'intérieur même de la cure.
Je vais centrer mes propos sur certaines résistances2 qui se manifestent dans le transfert. Je les définis comme les résistances que le « moi » oppose dans la cure à la déception de ne pas être le centre et le maître du monde. Je partirai de cette constatation : le transfert s'est révélé pour Freud un obstacle incontournable mais fécond à condition de ne pas l'ignorer (Dora le lui apprend de manière radicale). Je me propose de considérer l'obstacle que le « moi » oppose selon la méthode de Freud, c'est-à-dire en travaillant sur l'obstacle lui-même. Je vais définir cet obstacle comme narcissique, le terme narcissisme revêtant ici une connotation bien précise :
C'est l'amour porté par le moi à soi-même et aux objets, basé sur