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L'humiliation psychologique qu'inflige selon Freud la psychanalyse à l'homme risque de s'aggraver par les remarques qui vont suivre. En effet, en abordant le problème de la visualisation en psychanalyse, on est amené à mettre en cause certaines constructions intellectuelles claires en les remplaçant par des hypothèses basées sur des images. Or, celles-ci sont souvent considérées comme secondaires voire inférieures dans l'activité psychique.
Il y a une passion de comprendre. Il y a une passion de voir. Cependant, voir n'est pas nécessairement ni essentiellement comprendre. Ce qui frappe dans l'opération perceptuelle, c'est son immédiateté. Mais le développement des mécanismes conceptuels défend contre la saisie sans médiation de ce qui est perçu. Aussi, faudrait-il démonter cette construction intellectuelle et la refaire afin de tenter d'expliquer ce que représente le fétichisme.
Dans ses textes, Freud affirme tout simplement que le fétiche est le substitut du phallus maternel, sans développer pour autant ce qui est vu et pourquoi cela est vu. Pour introduire la notion de fétichisme, Freud donne l'exemple clinique du « brillant sur le nez ». Il semble qu'il y ait quelque chose d'incomplet dans cette description, qui entremêle les éléments linguistiques Glanz ou Glance à l'analogie visuelle : nez et pénis, ce qui apporte paradoxalement une preuve assez mince de sa théorie du fétiche pourtant évidente et rend compte de la difficulté qui existe parfois dans le choix des termes d'une interprétation ou d'un exposé théorique (qui s'appelle aussi un point de vue).
Il reste à trouver une image plus précise qui ressemblerait vraiment à un phallus. Lorsqu'on pense au fétichisme, on évoque en général quelque chose qui a à voir avec certains vêtements : gants, sacs, chaussures,