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Il y a quelques années, un avocat connu vint me consulter pour expertiser un cas qui le laissait perplexe. Une jeune dame s'était adressée à lui pour qu'il la protégeât contre les assiduités d'un homme qui l'avait entraînée dans une aventure amoureuse. Elle prétendait que cet homme, abusant de sa complaisance, avait fait prendre par des témoins cachés des photographies de leurs tendres ébats. Il aurait ainsi en main de quoi lui faire honte en montrant ces images, et la contraindre à renoncer à sa situation. Le juriste avait assez d'expérience pour reconnaître le caractère morbide de cette plainte, mais il se produit tant de choses dans la vie, qu'on aurait tenues pour incroyables, pensait-il, que le jugement d'un psychiatre sur l'affaire lui paraissait précieux. Il promit de revenir la fois suivante en compagnie de la plaignante.
Avant de poursuivre ce récit, je dois avouer que j'ai rendu méconnaissable le milieu où se passe l'incident à étudier, mais je n'ai changé que cela. Je considérerais comme un mésusage de modifier, même pour les meilleures raisons, un seul détail, si léger soit-il, de la relation d'une histoire de malade, car on ne peut savoir selon quel biais un lecteur au jugement indépendant l'envisagera, et on risque par là de l'induire en erreur.
La malade, que j'appris bientôt à connaître, était une demoiselle de trente ans, d'un agrément et d'une beauté peu communs. Elle paraissait bien plus jeune que l'âge qu'elle se donnait et d'une grâce