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«… Le point faible de l'évolution des paranoïaques doit se trouver quelque part au stade de l'auto-érotisme, du narcissisme et de l'homosexualité… »
S. Freud, 1911, « Remarques psychanalytiques sur l'autobiographie d'un cas de paranoïa ».
« Etendue à demi dévêtue sur le divan aux côtés de son amoureux… d'une grâce et d'une beauté peu communes… » la jeune femme fut « admirée » sans qu'un acte sexuel eût lieu.
Nous avons l'intuition que dans cette séquence de la Communication d'un cas de paranoïa en contradiction avec la théorie psychanalytique écrit par Freud en 1915, on peut déceler l'essence même du traumatisme subi par la patiente, qu'elle contient en condensé les circonstances et les raisons du déclenchement de son délire. Pour cette jeune femme paranoïaque, se trouver dans les bras d'un homme est déjà une situation traumatique à cause de la perte du lien homosexuel avec un objet plus ou moins désexualisé : « la vieille mère » doublée de la « vieille dame maternelle » de son entreprise. A cette perte qui est un motif fréquent de décompensation chez les paranoïaques, entraînant une véritable rupture dans la permanence de leur sentiment d'identité étroitement lié au double homosexuel, vient s'ajouter ici l'absence d'accomplissement hétérosexuel. Cette situation difficile pour toute femme devient insurmontable dans son cas ; frustrée, elle ne peut se rattraper dans le plaisir « d'être admirée », car, selon l'hypothèse que nous développerons dans cet article, le paranoïaque n'a pas de corps érogène susceptible d'être exhibé. Nous pensons que pour la patiente,