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Le problème des rapports entre l'homosexualité et la paranoïa semble fort complexe. La paranoïa correspond au refoulement de l'homosexualité, affirme Freud avec insistance, et toujours avec le concours pressant de Ferenczi, dans des circonstances que j'ai essayé d'éclairer1, mais sans jamais prétendre que ces circonstances pourraient justifier à elles seules la démarche clinique et méthodologique de Ferenczi et Freud. Il conviendrait de souligner, néanmoins, que, parmi tous les fondateurs de la psychanalyse, ils sont les seuls à faire valoir ce type de rapport entre paranoïa et homosexualité. Nul autre des premiers psychanalystes n'abordera la question de cette manière, ce qui, peut-être, si nous en tenons bien compte, n'a pas été sans conséquences sur les conditions d'élaboration d'une telle théorie.
En ce qui concerne la paranoïa, Abraham, Starcke, Ophuijsen préféreront parler d'érotisme anal. Plus récemment, Macalpine, Hunter ou Lacan se sont demandé pourquoi la présence de l'homosexualité dans la paranoïa exige nécessairement une transformation en femme, comme par exemple dans le cas de Schreber. Après tout, la chose n'est pas si évidente : il y a bien des homosexuels psychotiques ou des paranoïaques parfaitement intégrés dans la vie sociale, « normaux », pour ainsi dire, qui n'ont jamais ressenti le moindre besoin, ni même la moindre envie d'être transformés en femme. Inversement, les cas se multiplient de sujets qui éprouvent le désir d'être transformés en femme sans pour autant être des psychotiques, plus, sans pour autant qu'il soit jamais possible d'affirmer que leurs problèmes en tous genres soient plus graves que ceux de tout un chacun.
Quoi qu'on en dise, le problème demeure de la présence de l'homosexualité dans la paranoïa, de leurs connexions. Freud pouvait bien