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Le choix de notre thème, « Le travail du psychanalyste », nous a été dicté essentiellement par un très grand besoin de clarification. Tout au long de notre rapport, nous nous sommes efforcés de confronter les concepts théoriques avec les exigences de notre travail clinique. L'eussions-nous oublié, la lecture des communications prépubliées1 nous aurait rappelé que ces exigences varient d'un analyste à l'autre et qu'il existe — ce que, naturellement, nous ne saurions regretter — bien des façons de se considérer fidèle à la méthode analytique créée par Freud et de faire siens son prodigieux courage et sa permanente recherche de la vérité.
Certes, nous nous réjouissons que puisse se déployer au sein du mouvement psychanalytique tout un éventail de tendances et d'axes d'investigation, attirant une grande diversité de chercheurs dont les échanges témoignent de la richesse et de la fécondité de la pensée psychanalytique. Mais en tant qu'analystes, nous nous devons avant tout d'être lucides, et nous sommes payés pour savoir que nous n'avons pas en nous seulement l'amour de la vérité mais aussi la haine de la vérité. Le don de la parole s'est élaboré tout autant afin de masquer la pensée par dissimulation, par mensonge, qu'en vue de l'élucider ou de la communiquer nous a rappelé W. R. Bion, qui proposait à New York, en 1977, la formulation suivante : « Nous sommes tous de mauvais analystes, mais tout mauvais analyste a en lui-même un bon analyste qui lutte pour se libérer : c'est cela que nous haïssons. » Face à la