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Le mode d'exposition de leur sujet par J. et F. Bégoin entraîne le lecteur de façon efficace et agréable, de bout en bout, sans lassitude, l'intérêt étant soutenu par des approches vives et souvent originales, par des biais qui leur sont propres. Leurs discussions incidentes avec d'autres auteurs animent le texte et lui confèrent une actualité très datée pour envisager les questions et les réponses qu'ils nous proposent.
Je les ai volontiers suivis et pourtant ils ont induit une lecture à rebours de leur travail, anticipant sur mon impression de regarder—non point de face, mais selon une perspective en fuite, s'amenuisant jusqu'à nos origines — l'état de nos connaissances et de nos conduites. C'est avouer qu'il m'est difficile d'entendre l'œuvre de Freud, celle des pionniers par eux commentés, à partir d'un 1981 qui aurait « intégré » tant d'autres dimensions, tant d'autres possibilités de sentir, penser, théoriser. Ma difficulté tient à deux raisons :
— Toute lecture approfondie suppose une identification au mouvement de l'auteur en tant que tel.
— Je crois aussi que, s'agissant d'un mode de connaissance tel que la psychanalyse où le sujet et l'objet coïncident, chaque découverte, chaque perception du secret de son organisation modifie la substance vivante du psychisme et sollicite des appréhensions nouvelles. Ceci me semble se vérifier tant intra-cure que pour l'histoire de notre pratique et de nos idées. L'appréciation de nos changements et de nos éventuelles acquisitions, si prisées par les auteurs, s'en trouve relativisée.
Ces considérations n'auraient pas une portée critique importante si elles ne me semblaient pas devoir s'appliquer à la manière dont se