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La « technique » produit de l' « éthique » ?
La technique de Freud, en 1920, comme effet d'après-coup tardif d'un échec thérapeutique, et défense différée contre le deuil de Dora.
Le stimulant rapport de Florence et Jean Bégoin s'attaque à l'une des questions les plus difficiles de la psychanalyse. Les thèses qu'ils développent sur le progrès dans la technique psychanalytique, et sur l'importance exceptionnelle de l'apport kleinien à ce progrès après Freud, supposent en effet la résolution de plusieurs préalables dont je pense montrer ici qu'ils demeurent très incertains, peut-être même définitivement indécidables. Qu'est-ce que le « progrès » en psychanalyse, et plus précisément en technique psychanalytique ? Qu'est-ce que la « technique » en psychanalyse, et peut-on la distinguer vraiment du style (de l' « éthos » ?) du psychanalyste, je veux dire de son mode de relation d'objet à l'égard de ses patients ?
Entre 1900 et 1920, Florence et Jean Bégoin nous en sont garants, les connaissances techniques de Freud se sont considérablement accrues : les conclusions du cas Dora1, puis les petits écrits techniques, sans parler des témoignages cliniques, du petit Hans à l'Homme aux rats, voire à l'Homme aux loups, le montrent. Comparer l'état de la technique à l'entrée et à la sortie de cette période nous offre donc une occasion exceptionnelle de valider ou d'invalider la notion même de progrès de la technique en psychanalyse et d'en interroger le sens. Un texte de Freud en fournit de surcroît un excellent moyen, que nos