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Respecter l'éthique professionnelle, c'est faire bien son travail. Tel est le cas de Florence et Jean Bégoin, dont le remarquable rapport, parfaitement adéquat à son objet, appelle avant tout autre qualificatif celui de rigoureux. Le terme avait déjà été utilisé par M. Fain, dans son compte rendu du livre de D. Meltzer Le processus psychanalytique, livre d'ailleurs traduit par eux en français. Rigueur qui, pas plus que l'éthique, n'est l'apanage de la psychanalyse, mais qui lui est tout aussi indispensable qu'aux autres disciplines, dans la mesure où elle veut donner à ses énoncés le caractère de réfutabilité que depuis K. Popper on s'accorde à réclamer comme condition première de toute construction scientifique.
Rigueur perceptible d'abord dans le parti pris de leur travail qui, réservant à leur présentation orale la « synthèse des aspects éthiques », s'attache dans leur exposé écrit à la description des techniques, au dégagement des méthodes, à l'examen des présupposés.
Rigueur moins évidente à première vue, en fait plus féconde encore, consistant à avoir choisi leur matériel de façon à faire dialoguer le courant kleinien (le leur) avec le courant dit « orthodoxe » de la psychanalyse. Le monolithisme ou les divergences réduites au « narcissisme des petites différences » aurait supprimé toute échappatoire au corporatisme ou à sa dénonciation, s'agissant d'une question aussi surchargée de connotations surmoïques.
Rigueur enfin, associée à la souplesse et à l'aisance de la pensée, dans la mise en valeur implicite mais constante des grandes analogies qui éclairent, mais parfois aussi rendent confus, le travail psychanalytique : analogies entre la cure, l'enfance, les conceptions du monde (donc aussi les sciences et les philosophies), l'épistémologie, les mythes historiques et préhistoriques, enfin les mythes de la psychanalyse elle-même.