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Parler ? Ne pas parler ? Quand ? Comment ? C'est bien là que réside une des pierres de touche de notre travail de psychanalyste.
Jean et Florence Bégoin nous montrent, tout au long de leur rapport, l'évolution de la « technique », de Freud à nos jours, avec un penchant net, me semble-t-il, pour les théories de Melanie Klein prolongées par les travaux de Bion et Meltzer, ce qui les incite à insister, par exemple, sur les interprétations précoces.
Si je partage tout à fait leur point de vue quant aux apports des auteurs postérieurs à Freud pour la compréhension de chaque patient, je ne peux pas les suivre lorsqu'il s'agit de notre pratique journalière.
Tout d'abord, je pense que c'est en fonction de ce que nous sommes, de ce qu'est le silence ou la parole pour chacun de nous, comment l'un ou l'autre s'inscrit dans notre système voyeuriste-exhibitionniste, et laquelle de ces composantes l'emporte sur l'autre, quelle rêverie, quel bien-être suscite en nous le silence ou, au contraire, quel malaise il peut nous faire éprouver, que se fonde la forme que prendront transfert et contre-transfert.
Non moins important est de savoir dans notre relation, quelles possibilités nous prêtons à notre patient, comment nous évaluons sa capacité à acquérir une certaine autonomie, grâce à notre présence attentive, à notre désir de l'accompagner, de le suivre sans jamais le précéder, à la confiance que nous avons en notre relation commune et à notre capacité à garder en nous notre besoin de l'aider, tout en lui permettant de faire ses premiers pas, seul, sans craindre à chaque instant qu'il ne s'effondre et ne se casse. Cela revient à dire que la relation d'objet (analysé → analyste, analyste → analysé) sera différente selon chacun.