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Merci à Florence et Jean Bégoin qui nous ont donné un document de travail maniable, soulignant des temps forts de l'œuvre de Melanie Klein et de ses continuateurs tout en parlant des autres tendances sur un ton fraternel que nous souhaiterions toujours voir régner dans les débats entre psychanalystes. Dans les limites de cette communication, je n'aborderai que deux points : la finalité de notre travail et certains apports de l'œuvre de Nicolas Abraham.
En 1967, présentant l'édition française des Essais de psychanalyse de Melanie Klein, Nicolas Abraham montre comment celle-ci, ayant recouvré ses propres possibilités créatrices grâce à sa psychanalyse personnelle, va réaliser le projet d'aider l'enfant à surmonter ses conflits, de le restituer à lui-même et à son jaillissement créatif. Dès 1921, l'idée maîtresse est qu'il existe dans les profondeurs une Mère mauvaise dont le processus analytique ramènera à la surface l'imago pour en réduire l'impact et permettre l'épanouissement de l'amour et de la créativité dans la vie psychique de l'analysé. Or, en 1934, le projet kleinien se modifie, le souci pour l'objet va prévaloir sur l'intérêt pour soi-même, l'amour pour l'objet interne sera posé comme condition sine qua non de la croissance du Moi et l'agressivité, primaire et irréductible, comme l'obstacle majeur.
Avec Nicolas Abraham et d'autres collègues, je pense que la première finalité fixée pour la psychanalyse est juste et que la seconde, sans pouvoir être qualifiée rigoureusement d'injuste, a prêté et prête encore à confusion. Mon expérience de psychanalyste et de psychothérapeute