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Dans le beau texte de Jean et de Florence Bégoin — texte qui touche par la sincérité du ton, par la richesse et le nuancement des idées, autant que par la mise en forme de laborieux cheminements faits conjointement — une option s'esquisse pour ce qui est du travail analytique. Discutant de l'article de Freud « Constructions en analyse », les auteurs se réfèrent d'une part à la remémoration-reconstitution historique de la névrose infantile, et, d'autre part, à la construction-reconstruction du monde psychique interne du patient, monde élaboré à partir des identifications successives, à commencer par celle avec l'objet premier, monde traversé par les flots des forces instinctuelles, travaillé par les désirs et les défenses.
C'est surtout aux perspectives ouvertes par cette deuxième tâche que sont sensibles les auteurs quant au travail analytique à effectuer et, si l'on pense aux différentes modalités de l'angoisse, auxquelles les analystes de nos jours sont devenus sensibles — se rendant par là même plus capables d'en entendre le son de cloche chez leurs patients. On peut comprendre le choix de Jean et de Florence Bégoin. On peut par ailleurs se demander si telle option est nécessaire et même si, à la limite, elle ne risque pas de devenir gênante pour la liberté de notre pensée.
Il est certain qu'à revoir le matériel fourni actuellement par nos analysants et le parcours de grand nombre de nos analyses, nous arrivons souvent à nous demander si les sentiers qui mènent à la névrose infantile ont jamais été tracés, ou si leur déblayage nous sera jamais possible.
Néanmoins dans cette longue traversée qu'est toute analyse, je pense que l'analyste se doit surtout de rester ouvert à l'idée qu'il y a des ports qui ne sont pas abordables de tout temps. Qu'il y a des voyages à faire en gardant la haute mer, car la violence des tempêtes