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La lecture du très instructif rapport de Jean et Florence Bégoin a suscité en moi une grande perplexité. Une grande déception aussi.
Car ce texte qui nous promet d'aller « de la technique à l'éthique psychanalytique » tourne singulièrement court à ne rester que dans un en dedans du mouvement analytique. Je crains fort qu'une fois encore ne soit ainsi fourni prétexte à de répétitives confrontations opposant, dans des assauts qui ne sont pas nécessairement fécondants, les partisans et les adversaires de M. Klein, les fascinés par S. Ferenczi, les étayés par K. Abraham, etc. Autrement dit, que nous n'assistions qu'à l'émergence de pseudo-conflits rationalisés dont la fonction essentielle est d'occultation. Fermant les yeux nous pourrons ainsi — au moins pendant l'espace d'un congrès — nous donner l'illusion de vivre. Comme d'autres, au Café du Commerce, reconstruisent le monde, nous allons, quatre jours durant, rêver de notre « travail » et jouir avec distinction de la compréhension que ce métier nous donne.
Quatre jours de plaisir, ce n'est pas rien.
Est-ce suffisant ? Peut-on, en 1981, éluder ainsi la question fondamentale de la psychanalyse « en situation » ? Peut-on méconnaître aussi radicalement cette interrogation douloureuse que je ne crois pas être le seul à éprouver qui porte sur les conditions de réalité dans lesquelles nous exerçons et nous exercerons notre métier, c'est-à-dire sur le poids qu'inflige à notre « technique » et à notre « éthique » un réel socio-économique contraignant ?
Dans un texte non publié j'ai développé quelques points qui me semblent mériter une réflexion plus approfondie concernant les rapports de la psychanalyse et du monde, de l'analyste et de la Cité. Je ne peux évidemment pas, dans le cadre de cette communication, les reprendre tous et les discuter. J'aimerais, cependant, mettre ici l'accent sur l'un d'entre eux.