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Le sujet de ce Congrès a éveillé en moi le désir de faire part d'une expérience de conflit grave et insoluble entre ma technique de psychanalyste et mon éthique. A la suite de l'irruption dans mon travail d'une réalité envahissante, je fus amenée à choisir entre deux options, pour une fois inconciliables. Je me trouvai dans une situation paradoxale, dans le sens de Racamier : « … le paradoxe lie indissolublement entre elles et renvoie indéfiniment l'une à l'autre des positions ou injonctions qui sont inconciliables mais non opposables »1.
Je me servirai d'une occasion particulièrement claire d'instauration de ce conflit paradoxal au cours d'une analyse, que je choisis parmi beaucoup d'autres. La situation sera montrée à partir de mon contre-transfert.
Je ferai l'économie d'une définition de la technique psychanalytique puisque les rapporteurs de ce Congrès s'en occupent2 et considérerai l'éthique dans le sens que lui donne Lalande : « Science ayant pour objet le jugement d'appréciation en tant qu'il s'applique à la distinction du bien et du mal »3. Il est évident que cette distinction entre le bien et le mal a les liens les plus étroits avec le Surmoi, qui interdit de transgresser la loi, et avec l'Idéal du Moi, qui propose le modèle auquel le sujet cherche à se conformer. Mes deux options inconciliables étaient, d'un côté la technique psychanalytique, objet de la surveillance de mon Surmoi et de l'aspiration à atteindre un certain Idéal du Moi