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S. Shentoub félicite les rapporteurs. Revenant sur leur discussion de la patiente dont parle Freud dans l'article de 1920 intitulé « La psychogenèse d'un cas d'homosexualité féminine », il rappelle la difficulté qu'éprouvait Freud à s'identifier à l'image féminine, et à manier les transferts homosexuels, aussi bien masculin que féminin. Ceci mérite d'être rappelé parce que les rapporteurs ont peut-être tendance à glisser des concepts freudiens aux concepts kleiniens, par exemple en utilisant le concept d'« identification projective » pour discuter ce cas. Il en va de même dans la discussion des problèmes posés par le transfert. Pour l'essentiel, l'élaboration de la névrose de transfert ne se joue peut-être pas dans l'interprétation, mais bien dans le cheminement parallèle, identificatoire, de l'analyste et de l'analysant ; ce qui apparaît capital, alors, c'est la capacité mobile de l'analyste à s'identifier, narcissiquement et objectalement, à des constellations libidinales masculines et féminines, génitales ou prégénitales. Quant à l'interprétation, n'aurait-elle pas pour fonction, entre autres, de défendre l'analyste contre l'angoisse de mort ?
J. Bégoin remercie S. Shentoub, et ajoute qu'il souhaite ne pas voir ses positions personnelles trop vite réduites par l'étiquette de « kleinien ». En discutant le cas d'homosexualité féminine, l'intention des rapporteurs était de souligner comment, les conceptions de Freud subissant en 1920 les changements que l'on connaît, il s'était introduit là un évident décalage entre sa théorie et sa clinique. Sa clinique est proche de nos positions actuelles, mais la théorie l'a entraîné à des décisions surprenantes, comme en témoignent les justifications qu'il donne de sa décision d'arrêter la cure. Quel est le critère de l'interprétation « juste » ? Sans doute bien plus ses effets sur le progrès de la cure que ses justifications théoriques.
P. Luquet s'en déclare d'accord, mais rappelle que l'ancrage théorique de notre pratique est