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J'ai, par ailleurs, dit que j'esssayai de considérer la théorie comme la prise de conscience, avec le plus de rigueur possible, de la façon dont notre Moi profond, notre préconscient comprenait et intervenait dans la relation avec nos patients. Une telle théorie implicite se refuse à spéculer et cherche à ne voir que ce qui s'impose à elle. C'est alors qu'elle trouve un appui sur les données classiques qui sans cesse la remette en cause — et qu'on peut parler de résistance théorique.
Ici je voulais parler de représentations de symboles, de fantasme et de langage. La pratique nous centre sur le fantasme. Le jeu de la peinture et de la poésie ouvre à une part dynamique de l'esprit qui repose sur des fantasmes largement investis. Le langage poétique implique dans sa substance de multiples variétés symboliques dont l'intégration restructure l'image dans une forme échappant à la secondarité. La peinture révèle de même, au-delà de la représentation, un autre monde surgissant à travers les éléments plastiques et portant le sentiment. Ces fantasmes non dits se reconstituent à une lecture attentive mais n'atteignent pas la conscience, laissant seulement sourdre l'affect. Il reste difficile pour nous tous d'accepter entièrement que la mentalisation du préconscient se déploie dans sa splendeur inconsciente sans que notre vigilance ne la maîtrise par la pensée secondaire du langage syntaxique (qui ne peut réussir), ce que nous tentons pourtant de faire ici dans notre réflexion théorique. Et pourtant il en est de même de notre pratique qui défie parfois la formulation même très belle, mais érigeant en statue de sel le regard impossible. Il en est ainsi de nos opinions, de nos amours, de nos choix. L'échec de notre système secondaire doit-il nous laisser les bras ballants dans un empirisme tout au plus ponctué de quelques notes poétiques en marquant le parcours ? S. Freud qui n'a pas tué la vie de l'âme réussit souvent à échapper à la mortelle emprise, de nature prégénitale, qui a