You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Si l'on admet, et comment ne pas l'admettre ? —, qu'il y a de bons psychanalystes, de moins bons, et de mauvais, il faut reconnaître qu'aucune école n'a le monopole des bons et que, par conséquent, il est d'excellents psychanalystes kleiniens et aussi, sans doute, de fort mauvais psychanalystes freudiens.
Toutefois, il me semble qu'il y a des théories que leurs tenants, s'ils sont de bons analystes ne peuvent ajuster à leur relation avec le patient, et qui, au contraire, leur permettent, s'ils en sont de mauvais, de justifier leurs errements.
La théorie kleinienne revue par Bion et Meltzer me semble être au nombre de celles-ci, c'est pourquoi je reste attaché à la théorie freudienne.
Ce n'est pas que je ne reconnaisse l'importance et la féconditié de l'apport kleinien, davantage sans doute qu'autrefois, néanmoins certains aspects essentiels de la théorie kleinienne continuent à me paraître contredire les données de notre expérience et constituer une légitimation de défenses éventuelles chez le psychanalyste et chez son patient préjudiciable à la bonne marche de l'analyse.
Je prendrai comme exemple le concept d'identification projective qui, par les sens divers que les kleiniens lui donnent et l'usage que beaucoup d'entre eux en font, me semble devoir être réexaminé.
Je crois qu'en psychanalyse comme ailleurs l'extension d'un concept ne peut aller de pair avec l'enrichissement de sa compréhension ; plus un concept est général plus il est pauvre ou, en tout cas, moins les éléments qui le définissent sont nombreux. C'est tout le contraire pour celui d'identification projective tel que les kleiniens l'entendent.
Pour moi, je serais enclin à réserver à ce terme le sens de sa littéralité ; le meilleur exemple en reste ce que Freud décrit au sujet de la jeune malade de Tausk dans Reconnaissance de l'Inconscient - Métapsychologie. « Après une brouille avec son amoureux, elle déclare : « Ses yeux ne sont pas biens, ils sont tournés. » Elle fournit elle-même une explication de ses