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Je voulais moi aussi féliciter Florence et Jean Bégoin, tant pour leur éthique que pour leur travail analytique. Mais un doute me tarabuste, un doute sur la bonne moralité de Florence, plus précisément. En effet, lorsqu'elle parlait, à propos de travail analytique, de l'introjection de l'analyste, comme bon objet idéalisé, je me suis inquiété de son éthique et de notre éthique à tous.
Car, si Florence Bégoin semble souhaiter cette introjection, j'en redoute certaines déviations très fréquentes, celles consécutives à l'identification à l'analyste idéalisé.
Janine Chasseguet nous a pourtant bien décrit « cette maladie de l'idéalité », une maladie qui revêt des formes graves, celles que j'ai appelées psychoses passionnelles de transfert ; entre autres, parmi elles, ces formes éroto-maniaques, où, après l'idéalisation, la passion connaît un si funeste destin dans le dépit et la rancune ; certains de nos collègues chevronnés connaissent bien les difficultés des cures de ces cas.
Cette identification, on l'a bien repérée chez les futurs analystes, ceux de la didactique ou ceux de l'article 9 de nos statuts ; mais elle me semble encore plus pitoyable chez ceux qui ne peuvent ou n'osent aspirer à devenir analyste et qui alors abandonnent leurs idéaux antérieurs, voire leurs satisfactions affectives, familiales, culturelles, professionnelles… pour quelques substituts, souvent décevants : nous les observons bien dans les institutions psychiatriques, ces seins-toilettes du divan, ce « dedans » des acting-out, où aussi l'idéalisation de l'analyste fait ses ravages : ces rééducateurs ou infirmiers ne pouvant plus que jouer les analystes, ces internes au verbe autrefois chaleureux qui se doivent de se figer dans le mutisme. Nous connaissons aussi ces couples qui ne savent plus que s'analyser sauvagement, ces parents d'« affreux jojos » qui interprètent, interprètent…
Je pense à cette patiente qui se doit de faire des horaires de travail d'analyste dans un club du troisième âge, à ce